Ateliers/Rencontres

Deux compte-rendus de pratiques avec deux publics différents :

CHEMINS D’EAU ET DE MOTS

textes écrits en ateliers (école primaire)

(ateliers d’écriture en Queyras des 16 et 17 juin 2013 – Ecoles d’Aiguilles, Arvieux, Abries, Ceillac, Chateau-Ville vieille, St-Véran)

Lorsque David Lasnier, responsable aux « Passeurs de mots » m’a contactée pour une intervention dans les écoles du Queyras, je n’ai pas hésité une seconde. Retrouver après des années d’enseignement, un public scolaire plus jeune que ceux rencontrés précédemment était pour moi un retour en grâce dans ce métier de transmission de la poésie et de la littérature qui me constitue entièrement et depuis toujours.

Un retour en grâce car depuis plus de vingt ans, j’oeuvre pour la transmission de la littérature autrement que par un parcours scolaire classique, davantage par passion et par amour du partage, un partage de ce qui m’a sauvée moi même de bien des maux, je veux parler de la lecture et l’écriture.

Nous nous sommes mis d’accord très rapidement et je savais dès le départ que l’enjeu était de faire écrire sept classes de villages disséminés dans le Queyras (Aiguilles, Ceillac, 2 à St Véran, Abriès, Chateau-Ville Vieille et Arvieux), des classes de petits et de grands, des classes mélangées, du CP au CM2 dont les effectifs étaient compris entre 13 et 19.

L’objectif était donc : faire écrire ensemble des enfants de niveau de classe différent (en tout une bonne centaine) en une heure trente pour chaque classe, sur un même thème, celui qu’avait souhaité le Parc Régional du Queyras qui a financé le projet : l’eau, sous toutes ses formes.

J’ai souhaité gardé l’orientation suivie par chaque enseignante dans l’étude du thème durant l’année. Ainsi par exemple, la classe de St Véran avait choisi : l’eau des torrents, celle de Chateau Ville vieille : l’eau, force de vie, celle de Ceillac : l’eau dans la vie de tous les jours, ou encore à Aiguilles : la mer.

Quand j’arrive dans les classes de collège ou de primaire et que les enfants me demandent si mon métier c’est poète, je réponds toujours que si écrire est un métier au sens d’apprentissage et d’expérience, écrire de la poésie relève davantage d’un état et aussi d’une longue traversée en soi. J’ajoute que chacun de nous possède dès l’enfance cette capacité au poétique mais que, si certains la conservent intacte, d’autres la laissent en chemin.

On est poète quand on décide de le rester.

Il s’agit donc bien pour moi de leur faire découvrir cette capacité inscrite en creux dans leurs mots, leurs discours, leurs attitudes et de l’exploiter au plus près de ce qu’ils sont avant qu’ils ne décident de la laisser s’étouffer.

Certains se découvrent alors une véritable vocation, d’autres hésitent encore à se laisser aller, à se dévoiler, au regard de l’autre. Je n’ai rencontré aucune résistance à partager ce moment de découverte.

En général, chacune de ces expériences est un challenge remporté qui, sans qu’on s’en rende bien compte tout de suite, leur permet de prendre confiance en eux et en leurs possibilités, leur donne une raison de croire qu’ils ont des talents parfois cachés. A tous les coups, un des avantages de ces rencontres, au-delà de l’enjeu du partage, est bien (et c’est l’essentiel pour moi) une réassurance, une recréation d’un lien social parfois, un retour de la confiance en soi.

Phase 1 : Découverte de la poésie contemporaine par la lecture

Dans un premier temps, la reconnaissance d’une poésie contemporaine qu’il convient de promouvoir encore et toujours, est nécessaire, par des détours variés. Il s’agit pour moi, de rompre avec le schéma scolaire traditionnel, d’une poésie figée dans les canons classiques, rimes, versification, comptage des syllabes, etc, pour une découverte d’une poésie plus libre, des poètes sonores aux néo-lyriques en passant par l’infinie variété de formes de la poésie d’aujourd’hui. Après les grands de ce siècle, d’Aragon à Ponge ou R. Char, montrer les prolongements d’une poésie sans cesse en mouvement : des textes d’une grande liberté, tous empreints d’une grande sensibilité (J-M Maulpoix ou Yves Bonnefoy) ceux de Du Bouchet, Guillevic, ou Rilke aux textes très expérimentaux dans leur présentation sur la page, ou encore à ces très beaux textes des indiens d’Amérique qui ont ravi, voire étonné les élèves.

De ce choc entre une poésie qui ne ressemble en rien à ce qu’ils ont appris à l’école, héritière d’un classicisme à tout crin, je leur ouvre simplement une voie vers une écoute d’eux-mêmes et de leur singularité, je les autorise à se risquer dans la langue, à laisser sourdre ce qui parle en eux, laisser jaillir une parole, qui se révèle au final entre les deux, jaillissante, spontanée et ludique et teintée d’une touche de lyrisme dans leur premier jet. N’hésitant pas à parler de mes préférences, pour leur permettre de rester libre de choisir ensuite, je propose une large palette et bien sûr les auteurs dans lesquels je me reconnais, de Jacques Dupin, Lorand Gaspar, Max Rouquette, Jean-Michel Maulpoix, Georges Jean, Zeno Bianu, Guy Goffette, et j’en oublie, ou d’autres qui méritent d’être découverts, comme mes amies Chantal Couliou, Marilyse Leroux, Anne-Lise Blanchard, ou encore Jean-Pierre Siméon, Thomas Vinau.

Après avoir distribué à chacun les recueils que j’ai choisis pour la circonstance ou au hasard de mes déplacements, et que je mets à disposition tout au long des séances, la lecture se fait spontanément. Les élèves curieux se passent tour à tour les textes et ils vont, de surprises en surprises, pour enfin aboutir à l’écriture de textes originaux dont ils se découvrent être les auteurs parfois géniaux.

Dans un premier temps donc, cette fois, j’ai proposé aux enfants la lecture d’un texte extrait d’un des recueils. Les textes choisis ne parlaient pas obligatoirement de l’eau mais le lexique ou les images pouvaient y renvoyer par analogie. J’ai demandé aux enfants une écoute attentive et sensible, leur enjoignant de repérer pendant la lecture, une émotion, un mot, une image qui rappelait l’eau ou le thème précis de la classe (le torrent, la pluie, la neige, la mer).

Ensuite, les enfants ont été conduits à choisir un vers, ou une expression qui leur avait plu dans le texte qu’ils avaient lu. Ce vers, cette expression, je leur ai demandé de le lire à tour de rôle (j’avais préalablement demandé à la maitresse une contribution durant cet échange, elle devait recopier, à mesure ,les morceaux choisis, sans dire précisément ce que nous allions en faire).

Les enfants commençaient à apprécier cet exercice ludique et à s’imprégner largement de cette poésie, de ces images.

Après cette « chambre d’échos 1» , nous étions prêts pour passer à l’étape suivante, celle de l’écriture elle-même.

Phase 2  Ecriture poétique :

Chacun des enfants a regagné sa place et j’ai initié l’écriture par une phrase à chaque fois improvisée en fonction de ce qui s’était dit et que j’ai inscrite au tableau : « La rivière m’a dit » ou encore « j’aime l’eau quand elle… » ou bien « je suis la force et la vie… » etc…

Sur une feuille blanche de préférence, j’invite les enfants à faire appel aux images suscitées par les lectures et surtout de ne pas s’attarder sur les erreurs orthographiques ou de mises en page. J’explique, au préalable, que le toilettage du texte, étape finale, se fera plus tard (probablement avec l’enseignante, car je n’aurais pas assez de temps pour cela) mais que cette étape si elle intervient trop tôt peut entraver l’imagination ou en tout cas générer un blocage dans la création. Le but étant de se faire plaisir dès le départ, nous ne devons avoir de contraintes que celles imposées par le thème, et éventuellement la phrase initiale (que l’on pourra ôter ensuite si on veut) qui sont en réalité autant de catalyseur de l’écriture, de mise en route.

Les premiers mots fusent sur les feuilles blanches ou de couleur. Je distribue pendant qu’ils écrivent des « feuilles de mots » ces feuilles que j’ai moi même remplies à la main de mots de vocabulaire sur le thème de l’eau : une sorte de dictionnaire thématique minimal qui, par les images qu’il suggère peut en susciter d’autres dans leur esprit.

Le résultat ne se fait pas attendre. Les crayons courent de plus en plus vite sur la page, les idées fourmillent, les textes s’expansent.

Pour les plus petits, j’ai élaboré un autre stratagème. J’ai pris des cartes de bristol sur lesquelles j’ai inscrit deux mots (océan, miroir par ex) et sur d’autres des verbes (flamboyer, regarder, etc) derrière les cartes de substantifs, j’ai rajouté une expression (le chemin des vents, la couleur des blés, etc).

A ce titre, je pense pouvoir dire que nous avons eu (les maîtresses et moi ) de réelles surprises quant à la qualité des textes des plus petits).

Comment écrire des poèmes avec les mots et les phrases des autres ou l’art de plagier sans se faire « pincer » ?

Un de mes exercices préalables préférés est celui du centon2 : Le centon en effet, se révèle être un excellent usage de la littérature, par la fréquentation assidue qu’il oblige, la mémoire qu’il développe, l’appropriation des mots des autres, et par là même de la langue. Surtout, il permet de réaliser sans dommage un texte souvent abouti en proposant déjà par avance tout un matériau réutilisable à l’infini.

Je les invite donc à piocher au hasard parmi les ouvrages proposés. Prendre un livre, l’ouvrir au hasard et laisser les yeux se poser sur un mot une phrase un vers et le recopier, recommencer l’opération autant de fois qu’on le souhaite. Essayer de trouver une cohérence et faire le tri dans ce que l’on garde et ce que l’on retire. Tisser des liens avec le surgissement des premiers mots donnés dans la première collecte.

Cette manière de travailler est particulièrement ludique, car elle peut déboucher sur des poèmes surréalistes que l’on pourra garder tels ou retravailler autant que nécessaire. Elle suscitera toujours une liberté de langage toujours bénéfique à la création. Lautréamont ne disait-il pas : «  le plagiat est nécessaire »

C’est au contact d’une lecture variée, de nombreux auteurs, même et surtout parmi les contemporains que les enfants se fraieront un chemin vers leur propre sens poétique.

Ce n’est bien sûr pas une recette pour écrire de manière absolue, non, mais une façon certainement de s’approprier peu à peu les mots, tous les mots et surtout ceux restés longtemps cachés en nous.

D’habitude je propose cet exercice supplémentaire. Et bien, cette fois, je n’en ai pas eu besoin, les textes s’écrivaient presque tout seuls. J’ai seulement demandé à chacun de reprendre à la fin de son texte la phrase qu’ils avaient repérée au départ et de la copier en guise de clôture de leur texte. De l’adapter éventuellement en la faisant sienne. Le plus souvent cette phrase convenait parfaitement à ce qui avait été écrit au préalable. Ce n’est pas exagéré de dire que l’imprégnation avait fonctionné et que l’écriture a trouvé son rythme de croisière pour chacun de ces enfants, après la création de cette première image suscitée par le vers écrit par un contemporain.

3e phase : lecture des textes produits

La dernière étape de cette séance d’écriture est bien sûr le partage des textes. On est parti de la lecture, on retourne à la lecture et on donne à entendre aux autres ce que l’on a créé.

Cette étape a été absolument réussie. Je pense que les enfants étaient très heureux de créer et surtout très motivés. Le thème bien préparé en amont par un travail durant l’année a nourri leur imaginaire. Certains textes se sont révélés d’une grande maturité et ont suscité quelques émotions.

J’ai été très heureuse de les accompagner dans cette découverte de la poésie contemporaine et sur thème universel et si porteur de poésie qu’est l’eau.

1L’expression est de Hubert Haddad à qui j’ai emprunté également l’idée de la feuille de mots

2Centon : Pièce de vers ou de prose composée de passages empruntés à un ou à plusieurs auteurs

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Ateliers d’écriture- médiathèque Boris Vian – Port de Bouc

septembre 2013

4 ateliers de 2 heures les jeudi 5 – 12 -19 et 26 septembre de 14à 16h

FORUM DE L’INSERTION

présentation de l’atelier

PARCOURS DE VIE – ateliers d’écriture

Lorsque Emmanuelle Pauvret, en tant qu’initiatrice du projet avec Jean-Luc Albert de la Médiathèque de Port de Bouc, m’a contactée pour animer un atelier d’écriture avec un groupe de femmes dans le cadre du Forum de l’insertion, elle m’a fourni une liste préalable de participantes volontaires issues des Equipes St Vincent et d’Actis. Je ne savais rien de ces associations qui oeuvrent dans le social et je ne voulais pas en savoir plus.

J’ai longtemps fait écrire des enfants, des adolescents qui le plus souvent avaient un parcours scolaire difficile. Ensuite j’ai enseigné dans des classes de collège et de lycée et j’ai pu me rendre compte de plus près encore quelles difficultés pouvaient rencontrer certains publics qu’on appelle  captifs  dans le jargon de l’ Education nationale ; captif signifiant « obligé d’être là ». Ces publics captifs donc, je devais apprendre à les apprivoiser, pour qu’à leur tour ils acceptent de cheminer vers eux mêmes, et ce, dans le but de les faire s’exprimer de la façon qui me paraît être la plus essentielle à chacun après l’oralité : l’écriture. «Tout le monde devrait écrire » c’est le titre d’un très beau livre de Georges Picard, publié aux Editions Corti (2006) : « Pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l’épreuve de l’écriture paraît cruciale. Peut-être publie-t-on trop, mais il n’est pas sûr que l’on écrive suffisamment. Tout le monde devrait écrire pour soi dans la concentration et la solitude ».

Avec des adultes, et dans ce cadre-là, savoir qu’il s’agissait d’un public volontaire me suffisait, avec toutes les précautions d’usage quand on aborde l’écriture et surtout le tact quand il s’agit de faire écrire.

C’est donc dans cet esprit et sans aucun a priori que je souhaitais aborder cet atelier. Ne pas savoir, volontairement qui étaient mes participants ou plutôt mes participantes puisqu’il ne s’agissait que de femmes ici. Savoir que l’initiative provenait de groupements sociaux induisait qu’elles rencontraient ou avaient rencontré des difficultés de parcours.

J’ai donc intitulé l’atelier : Parcours de vie et j’ai lancé intuitivement la première séance.

Ecrire ouvre des portes, longtemps fermées à l’intérieur de soi et dont parfois on a perdu la clé. Toutes ne sont pas toujours parvenues à emprunter le corridor qui permet cette descente en soi. Certaines se sont arrêtées au seuil de quelques portes trop longtemps verrouillées, elles en ont extraits des bribes, ont aligné quelques mots hésitants.

Chacun des ateliers s’ouvrait sur des lectures, pour installer un autre monde, celui secret de la lecture, celui de la voix quand on échangeait nos choix de lecture d’auteurs ou nos propres productions.

Le premier atelier s’est ouvert sur un échange littéraire autour de quelques poètes contemporains où volontairement j’ai présenté une majorité de femmes poètes. Dans le désordre et sûrement avec des oublis car j’emporte avec moi une petite partie de ma bibliothèque personnelle1.

Le Gardeur de troupeaux de Pessoa m’a servi d’ouverture au premier atelier avec le passage commençant par «  Ce que j’en pense du monde ? Qu’est-ce que j’en sais, moi !… »

La rencontre avec ces poètes a donné lieu à l’expression de quelques premiers jets. C’est à la teneur de ces premiers jets que j’ai décidé de la suite.

J’ai donc travaillé intuitivement et en fonction des écrits réalisés d’une séance sur l’autre.

En effet, dès ce premier atelier – les groupes étant mouvants, changeant de semaine en semaine, on retrouvait trois au quatre régulières et parfois deux nouvelles, il fallut s’adapter et me revenait alors de faire fonctionner la confiance à chaque fois, renouer les premiers liens, rassurer les nouvelles venues.

Ainsi, il m’est apparu très rapidement que je réussirais plus facilement à faire écrire des fragments qui seraient ensuite réunis ou formeraient un patchwork dans lequel chacune choisirait de conserver tel ou tel passage. La raison n’était pas la capacité des participantes (que peut-on réellement savoir de ces capacités?) mais simplement le fait que les groupes n’étaient pas fixes et donc toujours à refonder. A chaque séance, je devais retrouver un moyen de créer du lien.

Les déclencheurs demeurent des plus classiques et se reconnaîtront aisément à la lecture.

Du « Je me souviens » de Perec à la « Douleur quantitative » d’un René Obaldia, de l’écriture d’un blason à celle d’un haïku, au fond, ce n’est plus la contrainte qui compte mais le résultat, toujours différent, et surtout l’approche des textes complémentaires, la manipulation de la bibliothèque.

Le premier atelier a donné des résultats particulièrement riches et encourageants. Je crois que cet atelier « découverte et écriture de la poésie » tel que je le propose aussi bien à des enfants de CP qu’à des adultes fonctionne vraiment très bien et ouvre de belles perspectives.

Les premiers textes ont permis ainsi de conserver des bribes, comme des pépites recueillies dans le fleuve ininterrompu d’une parole trop longtemps contenue. Car certaines écrivaient sans parvenir à calmer le flot quand d’autres restaient bloquées à la surface du dire.

Chacune a écrit, ne serait-ce qu’une phrase, où nous pouvions relever une tentative pour dérouler le fil :

« Elle est sans fin ma tentative d’embobiner l’existence » Gisèle

« Le métier de vie est une floconneuse survie » Karine

Chacune avec sa préoccupation du moment ou ce qui pouvait constituer un manque, une souffrance, une difficulté, instaurer un dialogue qui faisait écho de l’une à l’autre, dans une complicité toute féminine :

« Dans la lumière de ce jour incertain, je joue à faire des ronds dans l’eau » Monique

« Donnons à ces enfants nouveaux-nés en ce monde, l’éternité » Laura

« Ménage, vaisselle

Corvées de femme

Toujours s’enchaînent » Carmen

Quand l’écriture devenait évidente, son besoin, flagrant – alors qu’on avait lu le texte de Charles Juliet, un extrait de sa définition de l’écriture, la poésie affleurait :

« Au dos des mots, c’est le reflet de nos âmes qui met en lumière notre personnalité »Carmen

« Cette symphonie de larmes

appelle, interpelle. Intouchables,

les vents fabuleux s’installent en nous

et nous inondent de ses mouvements

éternels. Innocents ! » Isabelle

« Soleil se couche

Ciel merveilleux

Orange et bleu » Kathleen

Vent fort vent froid

Poussière éclat de pierre

C’est la misère » Kathleen

« La bien-aimée

Retient la coccinelle,

Le bonheur reste » Marie

Lorsque les mots étaient trop durs à extraire des couches souterraines, certaines appelaient une langue dont elles ignoraient qu’elles possédaient le secret :

« La lune et le soleil sous la ligne d’horizon et la fourrure des fumées grises. » Sandrine

D’autres allaient chercher dans l’enfance des souvenirs comme des galets perdus dans le sable :

« Se promener sur la plage, ramasser les coquillages

et nager lentement au bord de la plage » Marie

« Dans la lumière calme, voyager » Djemaa

La vie toujours portée à bout de bras, toujours à reconstruire, avec son fardeau d’espérance, la vie comme une évidence, parce qu’on sait qu’il faut aller de l’avant, ne jamais s’arrêter en chemin quand l’entraide existe :

« Naitre et mourir : grandir, vieillir, rire et pleurer

la vie passée, tout est terminé ! » Kathleen

« Le silence envoie par écho

les premiers et les derniers cris » Karine

« Sur les galets bleutés léchés par l’océan

Palpite le cœur d’un monde inconnu. » Emmanuelle

Je n’ai eu aucun mal et j’ai même pris toujours le même plaisir à cheminer avec elles, prenant des risques parfois dans des propositions qui me paraissaient au départ difficiles. Les défis toujours relevés, je me retrouvais pétrie d’émotions que j’avais parfois du mal à contenir :

«... J’ai tout oublié de ce qui faisait ma vie, ma vie d’enfant, elle est derrière maintenant. En tant qu’adulte je dois me comporter.

Moi de qui je n’ai pas fini d’apprendre, je sais que j’ai les yeux ouverts à cause des larmes qui en coulent sans cesse. La vie par ses épreuves nous apprend chaque jour à être plus forte malgré les larmes qui coulent de mes yeux ouverts, je veux rester car de cette manière je pourrais affronter et continuer à apprendre de cette vie qui n’est pas toujours très tendre – même s’il en coule des larmes, mes yeux sont ouverts et je veux continuer, je veux rester pour continuer à apprendre pour mieux m’accepter… » Carmen-La mémoire de l’enfance

« …Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ?

La femme, la mère, la fille que je suis ?

Ces journées que je passe à m’occuper de tout le monde sans penser vraiment à ma vie… »Laura – La vie recommencée

« … des nuits sombres sans éclats, de la tranquillité et surtout des coups de foudre interminables, je pense à l’avenir qui me dit : « maintenant tu as besoin de solitude pour reconstruire ta vie, ton physique, ton psychisme, être dans la sérénité de l’âme, être libre… 

Etre libre de dire, d’être… » Karine Vivre libre

« Ma vie ! Qu’est-ce qu’a été ma vie ?

… de ces nuits dans le vent froid, ne sachant où passer la nuit, affamée, fatiguée, inquiétée, angoissée, d’un nouveau lendemain.

Penser à partir, combien de fois y ai-je pensé même peut-être l’ai-je déjà tenté mais j’ai un amour secret que je partage avec cette ville qui m’y retient.

Et aujourd’hui je sais reconstruire ma vie, me lever très tôt le matin pour regarder le soleil se lever, voir les oiseaux s’envoler, me retrouver seule à méditer, pendant que ma famille dort encore, toujours pensant aux épreuves passées et combien chaque jour ma vie a pu continuer à évoluer.

Moi dont je ne sais rien, mais qui en sais beaucoup sur la vie, j’ai les yeux remplis de larmes, des larmes qui coulent sans cesse, oui des larmes !

Des larmes qui coulent… de joie, de regret, du futur, du passé et du présent. »

Kathleen- La vie devant soi

« …Moi dont je ne comprends rien à la logique, je sais que je m’exprime volontiers à cause de la haine sans cesse

Je suis présente et en même temps je rêve d’ailleurs,

je suis nonchalante, je vais doucement,

je prends mon temps… » Marie- La vie doucement

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TARIFS et Conditions :

J’interviens à la demande d’institutions et dans le cadre scolaire le plus souvent, mais également auprès de publics divers à la demande de médiathèques (cf le compte-rendu ci-dessous) ou dans le cadre de résidences.

En ce qui concerne la rémunération, elle suit les tarifs recommandés par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse

http://la-charte.fr/le-metier/rencontres/article/la-remuneration-des-rencontres-et

http://la-charte.fr/IMG/pdf/brochureauteurs-2-2.pdf

Ces tarifs sont exprimés en droits d’auteur, soumis à  l’Agessa qui  émet  ces factures.

Pour le calcul des cotisations sociales, la Charte dispose d’un moyen très clair.

La journée complète est établie sur la base de 414 € brut, soit 376 € net

414 euros brut, diminués des cotisations ci-dessous :
Maladie-maternité-veuvage : brut x 1,05 % = 4,34 euros.
CSG : brut x 0,9825 x 7,50 % = 30,43 euros.
CRDS : brut x 0,9825 x 0,50 % = 2,03 euros.
Formation (à partir du 1er juillet 2012) : brut x 0,35 % = 1,45 euro.
Total des cotisations = 38,25 euros.

Le montant dû à l’auteur est de 376 euros net.

Le tarif à la demi-journée est de 250 € brut, soit 227 € net

250 euros brut, diminués des cotisations ci-dessous :
Maladie-maternité-veuvage : brut x 1,05 % = 2,61 euros.
CSG : brut x 0,9825 x 7,50 % = 18,35 euros.
CRDS : brut x 0,9825 x 0,50 % = 1,22 euro.
Formation professionnelle : brut x 0,35 % = 0,87 euro.
Total des cotisations = 23,05 euros.

Le montant dû à l’auteur est de 227 euros net.

Journée complète : 414 € brut, soit 376 € net
Demi-journée : 250 € brut, soit 227 € net
Journée de dédicaces : 208 € brut, soit 189 € net
Demi-journée de dédicaces : 125 €, soit 113 € net

En ce qui concerne les rencontres-lectures
La rémunération conseillée pour les journées de signatures est calculée sur la moitié de celle des rencontres, soit 208 euros brut la journée et 125 euros brut la demi-journée.

Les frais de transport, d’hébergement et de repas sont à la charge de l’organisateur. En aucun cas les auteurs ne doivent être obligés d’avancer les frais de transport, d’hébergement ou de restauration.

Liens vers d’autres compte-rendus de mes pratiques en ateliers et textes des participants, en suivant le lien ci-dessous :

http://autre-monde.wixsite.com/autre-monde/ateliers-dcriture-en-milieu-scolaire